Michel Jacquet
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A lire

 

           

 

Préface de Jean louis Piètri dans Le Nervi

            Parmi les ingrédients du roman policier il y a d’abord, bien sur, l’énigme, le puzzle que le lecteur reconstruit au fil des pages, l’intrigue qui tient en haleine, aiguise la réflexion. Il en est ainsi depuis qu’au XIXeme siècle un clerc d’avoué du nom d’Emile Gaboriau, précurseur du « détective Novel », inventa le roman policier.

            Mais lorsqu’un policier trempe sa plume dans le « thriller », Rouletabille a vécu, ses héros voyagent au-delà du bien et du mal, gambergent au-delà de l’indice, de la preuve. Le fil de l’enquête se brouille, d’interrogations annexes. La casuistique s’en mêle : le bien, le mal, le coupable, l’innocent perdent de leur belle transparence… Et nous voilà, selon le mot de Hegel, « dans la vie mouvante en soi, de ce qui est mort ». Qui dés lors, est mieux à même d’en témoigner qu’un policier, chaque jour confronté au rapport ambiguë de chacun à la loi, au poids douloureux de la conscience morale ?... Antigone au secours !!!...

            La littérature romanesque regorge de bandits au grand cœur, rarement de policiers parés du même qualificatif. Sans doute parce que ce dernier est le témoin malvenu de la part maudite d’une société que refuse de croire au mal absolu et invente, par exemple, de toute pièce, pour se rassurer, ce fameux et illusoire « code de l’honneur » de la truanderie.

            Reste au policier paria, pour se faire entendre et de dire le versant équivoque du monde interlope où il baigne, la fiction, le roman. Mais est-ce vraiment une fiction que cette violence ordinaire dont nul n’est jamais ni tout à fait coupable ni totalement innocent.

                  

http://www.lemague.net

Par Serge Scotto

Label Flic, aux éditions Autres Temps

     Mieux vaudra que vous croisiez Michel Jacquet dans les rayons de votre librairie qu’en garde à vue, si vous m’en croyez... Car ce fringant quinquagénaire n’est pas qu’un auteur récent mais prolifique : il est aussi un flic en exercice. C’est ainsi qu’il raconte dans ses livres ce qu’il connaît le mieux, les enquêtes policières ! Mais peut-être pour prendre quelques distances avec la rigueur de son métier et éviter les reproches éventuels d’esprits étroits de sa corporation, Michel Jacquet a choisi que son héros soit un flic... à la retraite. Ce qui le délivre de bien des contingences et lui vaudrait de couler des jours paisibles, si le Nervi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’attirait les emmerdements comme un aiment !

     Après La rouste et Le Nervi, c’est la deuxième fois que mon z’ami Michel donne vie à Raymond Garcia, dit le Nervi, ours au grand coeur et aux méthodes qui le regardent, et ce roman plus que les deux premiers est dédié à l’amitié qui fait les hommes ! Des personnages attachants, du rythme - c’est la marque de l’auteur - et un irréprochable sens de l’intrigue font du Jacquet nouveau une réussite, préfacée, en toute amitié justement, par le prince milanais du roman noir Andréa G.(pour "génie")Pinketts.

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Préface d'Andréa G. Pinketts dans Label Flic

 

 

La première fois que j’ai rencontré l’auteur de ce roman foudroyant, j’étais totalement sobre et affligé par le mal obscur qui s’appelle Amour. La dernière fois que je l’ai vu, j’étais totalement ivre mais le mal obscur était passé, comme un mal de mer, comme quand quelqu’un, à bord d’une des trois caravelles, crie « Terre ! Terre ! »

Quand il m’apparut, je pensais qu’il était marin parce qu’il ressemblait à Popeye. Un Popeye « nerveux », généreux, mélancolique. Un homme auquel tu aurais quand même offert un petit pot d’épinards ou une chope de bière. En toute confiance. La confiance a été confirmée.

Pourtant, celui qui a écrit Label Flic ne crie pas avec enthousiasme « Terre ! Terre ! » mais « Mer ! Mer ! ». Parce que la tentation de l’oubli d’une gigantesque masse d’eau te met en comparaison avec l’infini. Et c’est tout à fait nécessaire de revenir sur terre. Une terre aimée. Une terre amante. Et l’amour a l’intensité et la durée de ce livre. Ce n’est pas par hasard que les victimes sont poignardées au cœur. Michel est un poignardeur de son amour pour Marseille, pour la vie. Il utilise stylets, dagues parce qu’il est généreux et synthétique comme ses chapitres. Il te fait jouir d’un plaisir, d’une situation, puis il tranche comme un coitus interruptus. Mais l’amour reste. Ou du moins la séduction.

Ce n’est pas non plus par hasard que Label Flic commence avec un approchement amoureux et qu’il se termine avec la douloureuse et tendre conscience d’un homme dur, câliné par son grand père et en récidive avec la vie, substantiellement un flic qui investigue sur ce qui au fond reste : l’amitié.

Et alors, je peux absolument confirmer que Michel, Raymond appelé Le Nervi, a beaucoup d’amis outre Mammouth et Cricket, mythologiques dans leur essentialité.

C’est moi le nouvel ami.  

 

www.flicorse.oldoblog.com

Par Jean Paul Ceccaldi 

     Michel JACQUET a confirmé son talent d’auteur de romans policiers. Après son premier roman « L’enfer Blanche »  et  son second « La rouste », il récidive avec «  Le Nervi », édité en septembre 2005 aux Editions « Autres temps ». La suite vient de paraître  avec la sortie d’un nouvel opus intitulé « Label Flic », dans lequel vous pourrez retrouver Le Nervi.

Nous l’avons rencontré au Balcon marseillais du polar. Comme il s’agit d’un homme avenant et  modeste, il nous a conseillé l’ouvrage de son voisin de table, Jean-Louis Pietri, auteur de « Je de dupe » dont nous avons rendu compte dans un article précédent. Depuis lors, sans qu’il ne nous le conseille, nous avons lu son troisième polar « Le Nervi », préfacé par Jean-Louis Pietri. Dans La rouste, le héros nous disait : « Cette enquête est  la plus tordue que je mène depuis le début de ma carrière. Ce mec présente toutes les facettes à la fois ; c’est une anguille, un mirage, un fantôme. Il est identifié, logé et malgré toutes nos investigations mises bout à bout, nous n’avons rien sur lui sinon du vent, des peccadilles. Il va me faire partir à la retraite en lambeaux…  »  Dans le Nervi, la retraite est là et le « mec » est un chef de la pègre marseillaise, un dur à cuire sauf si, au fourneau, on y met un ancien flic inoxydable (ou in-occidable du verbe « occire »).  Laissons  donc Le Nervi se présentait lui-même : « Le Nervi, monsieur, c’est le surnom que mes amis m’ont donné pendant une trentaine d’années. Chez nous, en Provence, nous appelons comme cela les hommes forts, très musclés. Mais aussi les hommes qui aimaient, à l’époque, traîner autour du port à l’affût du moindre coup foireux. Et enfin, ceux qui aimaient le contact physique avec d’autres marlous… » Nous ajouterons, mais ce n’est pas le cas de notre héros, que, dans le reste de la France et selon le petit Robert (l’indic de La rousse),  un nervi est aussi un portefaix, un tueur, un homme de main. Si notre Nervi est un homme de main, il s’agit de la main de la Justice dont on sait qu’elle peut être immanente. Si on évoque la morale, celle du Nervi  n’est pas kantienne et il n’a pas l’intention de se couper les mains pour les garder propres. Ses mains lui servent à créer mais aussi  à boxer ou  appuyer sur la détente.

Ancien flic de la Criminelle, Raymond Garcia, alias Le Nervi, s’était installé dans  sa retraite et la soixantaine passée. Avec ses mains de cogneur, il sculpte, dans le bois d’olivier et le cep de vigne, des objets qu’il vend sur un marché de Provence. Un jeune motard vient se jeter contre sa fourgonnette de forain.  Cela aurait pu être un simple accident de la circulation si les faits ne s’étaient pas passés sur un Parking et sous une pluie de plombs. Le Nervi aime la castagne et il n’est pas homme à se contenter d’un constat d’accident avec conduite du blessé aux Urgences. A partir de là, l’auteur construit son récit, thriller musclé comme son héros, et met en scène des personnages pittoresques. Le Nervi et sa bande hétéroclite d’amis livrent un combat sans merci contre un Chef de gang brutal et mégalo, qui, comme une grande marque d’eau minérale, a pour slogan « Il faut éliminer ! ». Et, en plus, lorsque certains policiers adoptent le « code d’honneur » des voyous plutôt que le code de déontologie policière, tous les coups fourrés sont possibles… Face à la pègre et à des ripoux, jusqu’où ira Le Nervi ?   Pour ceux qui aiment l’action, ils ne seront pas déçus. On ne s’ennuie pas lorsque l’on suit pas à pas ce héros,  justicier généreux aux méthodes peu orthodoxes mais efficaces. Et puis, de temps en temps, il est bon de montrer qu’il n’existe pas que  des bandits au grand cœur dans le monde romanesque.

L’histoire est  virile  mais aussi humaine, au milieu des senteurs de Provence, avec des mots qui chantent (bàbi, espillé, engambi, à l’agachon, Té, je me casse, feignasse, fatigué du bulbe…). Elle est peuplée d’individus affublés de surnoms qui ne s’inventent pas : « Nasole », « Gisclette », « Le Criquet », « Le Mammouth »… Michel Jacquet nous offre un bon moment à passer, le soir notamment plutôt que de zapper devant le petit écran qui nous propose des séries policières fadasses. A quand le prochain roman de cet auteur  ou une adaptation télévisée du Nervi? Son Editeur dit de lui : « La cinquantaine ; il est flic, toujours en activité à Marseille. Il apporte avec beaucoup de simplicité et de pudeur, ses deux principales qualités : son expérience professionnelle (homme de terrain depuis 23 ans) et son propre style d’écriture ».

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Label flic.

 

Publié le 23 mai 2007

Par flicorse    Jean Paul Ceccaldi

 

A Marseille, il ne faut pas confondre " boucan " et " Boucain ". Le " boucan " est celui ou celle qui ne peut vous attirer que des ennuis, c’est-à-dire celui ou celle qui vous emboucane … vous pourrit la vie… alors que le Boucain est l’habitant de la petite cité de Bouc bel air, à une poignée de kilomètres de Marseille.

Michel Jacquet est un Boucain qui écrit des bouquins dans lesquels on peut éventuellement rencontrer des boucans.

Les trois romans précédents:


Nous avions déjà évoqué dans un précédent article ses ouvrages, " L'enfer Blanche", " La rouste " et " Le Nervi ". Nous avions annoncé la prochaine parution d’une suite. L’auteur l’a écrite : " Label flic ".
Le Nervi a le label d’une qualité juridique que, retraité, il n’exerce plus officiellement. C’est aussi une étiquette collée à vie, presque comme une seconde peau. Chez le Nervi, c’est devenu un label indépendant et une appellation d’origine incontrôlable. Si son activité principale est devenue la sculpture sur bois d’olivier et la vente sur les marchés, Raymond Garcia reste le Nervi pour ses anciens collègues et quelques gros bonnets de la pègre locale… La retraite en a fait un électron libre et ses seuls liens sont ceux de l’amitié, parfois l'amour...

Rappel : " Le Nervi, monsieur, c’est le surnom que mes amis m’ont donné pendant une trentaine d’années. Chez nous, en Provence, nous appelons comme cela les hommes forts, très musclés. Mais aussi les hommes qui aimaient, à l’époque, traîner autour du port à l’affût du moindre coup foireux. Et enfin, ceux qui aimaient le contact physique avec d’autres marlous… "
Nous ajouterons, mais ce n’est pas le cas de notre héros, que, dans le reste de la France et selon le petit Robert (l’indic de La rousse), un nervi est aussi un portefaix, un tueur, un homme de main. Si notre Nervi est un homme de main, il s’agit de la main de la Justice dont on sait qu’elle peut être immanente. Si on évoque la morale, celle du Nervi n’est pas kantienne et il n’a pas l’intention de se couper les mains pour les garder propres. Ses mains lui servent à créer mais aussi à boxer ou appuyer sur la détente. Ancien flic de la Criminelle, Raymond Garcia, alias Le Nervi, est installé dans sa retraite et la soixantaine passée. Avec ses mains de cogneur, il sculpte, dans le bois d’olivier et le cep de vigne, des objets qu’il vend sur un marché de Provence.

 

 

Les premières lignes de Label flic :

" HEUREUSE ET DÉTENDUE, SOPHIE SOURIAIT À PLEINES dents. La jeune femme brune, âgée d'une vingtaine d'années, pressentait que ce soir elle arriverait enfin à obliger le tas de muscles qui se trouvait face à elle à se dévoiler. Elle le connaissait depuis plus d'un an mais ignorait presque tout de sa vie antérieure.

Raymond, solitaire par nature, n'aimait guère se laisser aller à des confidences intimes. Ce retraité de la police, reconverti dans la fabrication d'objets hétéroclites en bois d'olivier, vendait son produit sur les marchés de Provence. Tous d'eux s'étaient d'ailleurs connus lors d'un déballage, côte à côte à Gardanne, un dimanche matin. Depuis, ils ne s'étaient plus quittés. Chacun habitait chez soi mais il n'était pas rare que Sophie vienne passer une nuit ou quelques jours chez son ami. Presque quarante ans les séparaient, mais ils n'y attachaient aucune importance. Ils avaient trouvé en l'autre ce qui leur manquait, lui une fille, elle un père. C'est du moins comme cela qu'ils se plaisaient à définir leur relation. La gamine avait fait un véritable forcing. Quelques bûches enflammées dans l'âtre de la cheminée, une lumière douce distillée par une lampe de salon déposée à même le sol et un excellent Château Simone rouge, un coteau d'Aix-en-Provence de bonne qualité, généraient une ambiance très agréable, propice à quelques confessions.
Le fort mistral qui soufflait depuis plusieurs jours apportait un bruit de fond naturel, une musique presque sifflante, envoûtante. Tous les ingrédients réunis pour que l'on se sente bien à l'intérieur de ce mas, en ce mois d'octobre, à proximité du village de Fuveau.
Sans même s'en rendre compte, le Nervi, petit à petit, s'était laissé séduire par l'atmosphère. Sophie, assise à ses pieds sur le tapis qui trônait au milieu de la pièce, posa sa tête sur les genoux de l'homme. Lui, naturellement, caressa les cheveux de la gamine. Il était conquis, charmé.
Elle voulut lui demander : "Dessine-moi un mouton !" L'idée l'amusa et faillit la faire rire mais la jeune femme se ravisa.
- Parle-moi de toi, parle-moi d'avant, quand tu étais jeune, un "minot" comme vous dites ici.
Il ferma les paupières et but une gorgée de vin. Il garda en bouche le précieux liquide quelques instants. Il comprit, à ce moment précis, que le piège s'était refermé sur lui et qu'il ne pouvait échapper à un interrogatoire en règle.
"

Dans Label flic, le Nervi se dévoile davantage. Sur les marchés de Provence, il a connu Sophie. Quarante ans les séparent et ils se sont liés d’un amour platonique. Un feu de cheminée, quelques verres de rouge château Simone (un vin des coteaux d’Aix-en-Provence un peu cher mais excellent), un léger mistral, la tête de Sophie reposant sur ses genoux, le Nervi se laisse aller à quelques confidences intimes : Son amour pour son grand-père Gustave, son célibat, son surnom de Nervi qui impressionne les voyous… Trois premières pages de quiétude et de souvenirs, puis nous laissons un temps le Nervi à ses rêves d’enfance et entrons dans les arcanes de l’Evêché. Ce nom est communément donné à l’hôtel de police de Marseille dont la moitié ancienne était habitée jadis par l’épiscopat marseillais et cachait des ramifications souterraines la reliant à la cathédrale de la Majore. Seul le nom " Evêché " a survécu à la sécularisation des lieux devenus le confessionnal des malfrats et l’antichambre des geôles de la République. Et puis, les bons policiers y entretiennent leur foi tandis que certains " éméchés ", comme un certain Lucien Grammier, y détruisent leur foie.

Dans un bureau de la brigade des Stupéfiants, un Junky (un type qui vendrait sa mère pour se procurer une dose de drogue) balance son dealer qui, peu de temps après, est retrouvé mort, tué presque sous les yeux de deux flics qui surveillaient son domicile… C’est le début d’une série de meurtres… Le trio des tueurs (deux hommes et une femme) utilisent des tenues d’uniforme de la police nationale. L’arme utilisée est un stylet, " ce fameux couteau corse à lame très fine ". Un flic alcoolique, ami du Nervi, s’intéresse à l’affaire puis devient le principal suspect ; " Trompe la mort " devenu " Bois sans soif ", policier à la dérive, se réfugie chez le Nervi. Pour tirer l’affaire au clair, le retraité va devoir abandonner provisoirement

la réalisation et la vente des sculptures en bois d’olivier sur les marchés… Il s’la donne à donf ! Alors, mèfi ! Pour cela, il fait appel à ses deux vieux coéquipiers qui ressemblent à ceux du célèbre San Antonio : le Mammouth ressemble fort à Béru et le Criquet à Pinaud. ( Nous voulons parler de Alexandre-Benoît Bérurier, dit Béru, qui est un véritable porc, une armoire à glace plus douée pour la castagne que pour la finesse, mais aussi un excellent professionnel. Pinaud, dit Pinuche ou Débris, est un policier radoteur à l'allure de vieillard à moitié sénile, à se demander pourquoi il n'est pas à la retraite depuis longtemps. Mais cette apparence cache un policier hors pair).

Label Flic est aussi une histoire d’amitié et de trahison au sein même de la police. Michel Jacquet met en scène des flics anciens dont les vies ont ou auraient pu basculer du mauvais côté. Entre générations de policiers, les méthodes ne sont pas les mêmes mais il existe tout de même une filiation. Lors du repas annuel des anciens, ce sont le Mammouth, le Criquet, le Marquis, l’Estrasse, le Chamois, le Cube, Tête plate, le Gitan et autres vieux poulets qui répondent présents.

Le Nervi est un ancien qui enquête à l’ancienne. Le droit à l’erreur et la fin qui justifie les moyens sont ses seules règles face à des truands sans foi ni loi. Avec Mammouth et le Criquet, il forme un trio opérationnel de choc. L’intrigue se dénoue dans la pègre locale où évolue une mystérieuse femme… Le Nervi sera-t-il à la hauteur de sa réputation ? A vous de le découvrir.

Un auteur italien très connu, Andréa G. Pinketts a dédicacé " Label flic " et il écrit : " Ce n’est pas par hasard que Label flic " commence par un rapprochement amoureux et qu’il se termine avec la douloureuse et tendre conscience d’un homme dur, câliné par son grand-père et en dérive avec la vie, substantiellement un flic qui investigue sur ce qui, au fond, reste ; l’amitié. Et alors, je peux absolument confirmer que Michel, Raymond, appelé le Nervi, a beaucoup d’amis outre Mammouth et Criquet, mythologiques dans leur essentialité. C’est moi le nouvel ami. "

Le prochain livre de Michel Jacquet est déjà en gestation. Nina, la Belle de Mai. Au départ, il devait avoir pour héroïne une "cagole" de la Belle de Mai mêlée à une intrigue... policière bien sûr. Pour ceux qui ne le savent pas, " cagole " vient du vocable " cague " qui a donné le verbe " caguer " (chier ). La cagole est une fille trop maquillée et montée sur pilotis (talons très hauts) à l’allure vulgaire qu’avaient les prostituées, arpenteuses de trottoirs sur lesquels on peut voir aujourd’hui des cagoles éviter les cagues de chiens).

Michel Jacquet, au fil de l’écriture, n’a pu se résoudre à cette image péjorative et trop superficielle d’une fille issue du petit peuple de la Belle de mai… A la corbeille la cagole devenue une cagade littéraire (cagade signifiant " grossière erreur ou bêtise ") ! Pour son prochain roman, il nous présente une vraie héroïne de roman : Nina, une beauté méridionale conforme au joli nom de la Belle de Mai, quartier populaire du 3ème arrondissement de Marseille : " Concernant Nina, dit-il, j'ai préféré

enlever ce coté cagole. J'ai trouvé qu'il était déplacé. En fait il était trop en décalage par apport à l'aventure qui arrive à cette femme. Donc pour parler de Nina c'est une jeune femme d'une trentaine d'année qui travaille dans une maison de retraite. Elle fait la connaissance de "Chouchou". Un homme d'une cinquantaine d'année élégant, charmant. Tous deux tombent amoureux. C'est à partir de ce moment là que l'histoire démarre. La jeune femme se retrouve involontairement mêlée à une équipe de mafieux de l'est mêlés entre autres aux trafics en tous genres : Femmes, cigarettes, drogue et j'en passe. Elle combattra avec fougue et vigueur ces voyous qui tentent de la tuer. Des personnages truculents vivent autour d'elle, Ma Moune, Loule et Papy Moustache entre autres, sans oublier le vieux bandit marseillais indispensable pour ce genre de récit. Un vrai faux polar en fait mais un moment de détente ou se mêle l'amour, l'amitié et surtout la dérision, la caricature ".

L’inventeur du Nervi raconte toujours des aventures viriles mais sans machisme. Ses personnages féminins ne sont pas des cagoles. Dans Label Flic, le capitaine de police Florence Buget et Lucie, la tueuse, tiennent la dragée haute aux mecs, et les enquêtes du Nervi sont des récits habités par des personnages récurrents attachants.

Avec Label flic, vous pourrez encore enrichir votre champ lexical de quelques vocables introuvables dans le petit Robert et le Larousse. Nous vous fournissons un petit lexique :

- Le toti : l’ imbécile, le balourd.
- Tu t’la donnes à donf : Tu te donnes à fond

Avec le succès, viennent aussi les récompenses et distinctions. Michel Jacquet et Lilian Berthelot ont reçu le prix du jury du festival "Le noir dans le blanc" de Vars 2006 pour une nouvelle intitulée "L'ivresse décime" ".

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Nina la belle de mai.

 Publié le 17 novembre 2007

Par flicorse    Jean Paul Ceccaldi

 

Dans son avant-propos, Michel Jacquet explique la genèse de son quatrième roman " Nina, la Belle de Mai ", paru aux Editions Autres Temps en octobre 2007.

C’est sur le Vieux Port, lors d’un apéritif à la terrasse d’un café, que Nina mais aussi sa copine Ma Moune ont fait irruption dans l’imaginaire de l’auteur en pleine réflexion existentielle." Si tu n’es ni le meilleur, ni le premier, soit différent. Très jeune, je pris conscience que je ne serai jamais le meilleur. Difficilement le premier. Voulant mettre en application ce proverbe chinois, la volonté d'être différent m’obsédait. Un dimanche soir, alors que je terminais ma permanence judiciaire, au commissariat central de Marseille, j'étalais mon souci du moment à mon collègue de travail. Il était assurément question de mon parcours littéraire et de l'éventuel succès de mes ouvrages à venir. C'est au cours de ce petit apéritif plutôt anisé, sur le vieux port de Marseille, que la réponse me fut donnée. Mon coéquipier me l'expliqua avec une simplicité déroutante… "

Attablé sur le Vieux Port (con ! C’est dur la vie !), notre auteur, renonçant à être le premier ou le meilleur, cherchait sa différence avec un collègue (néanmoins ami) qui lui disait : " Tu es toi. Comme chaque être humain, tu es unique. C’est pour ça que tu es différent. C’est tout."

Il faut croire en la puissance dialectique d’un verre de pastis. L’ami flic le réconfortait en lui révélant que l’ego de chacun établit sa différence : Il s’agit là d’une lapalissade et non pas d’un paradoxe seulement et faussement dû à la paronymie entre les mots " ego " et " égaux ". Des gens sont plus égaux que d’autres, comme disait Coluche et nous ajoutons que d’aucuns sont plus ego que gogos. Il y a des évidences qui font du bien au moral… apprendre que je suis moi et seul à être moi, cela me conforte dans la conviction qu’il faut commettre ses propres erreurs mais aussi ses réussites. " Etre différent pour être vu. Etre différent pour être cru. Etre différent pour être lu " est un slogan publicitaire qui peut faire la différence.

Toutefois une question se pose à rebours : suffit-il, pour être soi-même, d’être différent des autres ?… Bon ! Je m’égare… Vous poserez la question à votre prof de philo… Et puis tout compte fait, parfois, ça fait aussi du bien de ne pas être différent, par exemple d’un jeune homme beau, fort, en bonne santé, intelligent, riche et généreux. Ah ! Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait !

C’est l’apparition de deux jeunes beautés méridionales à la table d’à côté qui va mettre le feu ou du moins l’étincelle dans le cerveau de l’écrivain qui faisait immédiatement la différence : celle de l’âge entre lui et les deux girelles. Conséquence : Elles prendront chair en beautés de papier sous sa plume et non dans son plumard.




Nous avons déjà consacré deux articles pour les précédents ouvrages de Michel Jacquet dont le personnage récurrent était le Nervi, laissé peut-être provisoirement à ses sculptures en bois d’olivier… Mon vier ! Monsieur Olivier ! … Mais ne nous égarons pas à nouveau! Nous connaissions déjà Anaïs, la girelle de la Belle de Mai, celle de Gilles Del Pappas. Faisons connaissance avec la Nina de Michel Jacquet.


Dans le projet d’écriture, Nina devait être une cagole… Mais attention, une cagole n’est pas un cageot ou une estrasse. C’est un joli brin de fille, aguicheuse et vulgaire. Là, je prends un gros risque : dire à une cagole qu’elle est vulgaire, cela suffit pour se faire étriper. Et après avoir lu le roman, Nina et son amie Ma Moune peuvent se révéler de vraies tigresses à la simple idée qu’elles auraient pu être des cagoles. Vais-je assumer ? Bon ! Tant pis ! Je vais faire le cagagnard, qui se croit malin comme un renard mais fond comme neige au cagnard. Je balance. J’ai trouvé la définition dans " La Tchatche de Marseille ", ouvrage écrit par Michel Ficetola qui ajoute pour illustrer la définition : " Choisir entre Paule et Carole, c’est choisir entre la vérole et la pécole. Une cagole, c’est une cagole ! " Et puis c’est Michel Jacquet, lui-même, qui a reconnu avoir péché par la pensée, avant de se repentir.

Michel Jacquet, au fil de l’écriture, n’a pu se résoudre à cette image péjorative et trop superficielle d’une fille issue du petit peuple de la Belle de mai… A la corbeille la cagole devenue une cagade littéraire (cagade signifiant " grossière erreur ou bêtise ") ! Pour son quatrième roman, il nous présente une vraie héroïne de roman : Nina, une beauté méridionale conforme au joli nom de la Belle de Mai, quartier populaire du 3ème arrondissement de Marseille : " Concernant Nina, dit-il, j'ai préféré enlever ce coté cagole. J'ai trouvé qu'il était déplacé. Il était trop en décalage par apport à l'aventure qui arrive à cette femme. Donc pour parler de Nina c'est une jeune femme d'une trentaine d'année qui travaille dans une maison de retraite. Elle fait la connaissance d’un homme d'une cinquantaine d'année élégant, charmant. Tous deux tombent amoureux. C'est à partir de ce moment là que l'histoire démarre ".

Tant pis pour Nina ! Son amant aura la cinquantaine dans le roman. Ce sera comme ça et pas autrement. En plus, elle ne sera entourée que par des hommes du 3ème âge. Et là, sur le papier, l’auteur a su faire valoir sa différence en tête-à-tête avec lui-même. Notre Nina est donc une belle et brave fille qui a du tempérament et de la mentalité, comme on le dit à Marseille. Elle est une Babi (marseillaise d’origine italienne). Elle fait partie d’une de ces tribus marseillaises comme on en trouve au cinéma chez Robert Guédiguian. La tribu a son village. Ce n’est pas l’Estaque mais la place Cadenat dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille… On peut citer Marius dit " Papy Moustache ", Augustin, un ancien maçon, son épouse Marinette, et Maryse, l’amie coiffeuse qui s’est expatrié Place Castellane, un quartier chic… Mais la belle de la tribu, c’est Nina et sa meilleure amie est Ma Moune. Nina bosse dans une maison de retraite. Dans son immeuble, l’âge moyen n’est pas loin de celui de son lieu de travail mais, là, ce sont des vieux qui la chouchoutent et veillent sur elle…. En parlant de chouchouter, son petit ami, elle l’appelle Chouchou, à ne pas confondre avec ciuciu (prononcé tchioutchiou avec le " i " discret) qui signifie " âne ". Nina a aussi une énorme qualité : elle aime le figatellu et a un faible pour les insulaires. Et son Chouchou est vraiment chou car il choisit un restaurant corse pour un dîner en amoureux, sauf que la serveuse est superbe (une beauté latine dans un restaurant corse, donc une Corsoise, ai-je pensé, même si elle se prénommait Sylvie ) et la présence de cette pin-up charmante suscite la jalousie de Nina qui en devient désagréable. Par sa colère froide, Chouchou impressionne tout de même la panthère qui rentre ses griffes. Chouchou n’était pas un Tchioutchiou… Je l’ai déjà dit.

Dès le premier chapitre, l’auteur annonce : " Un seul éclair, une seule détonation, une seule balle. Un trou sanguinolent au milieu du front et… la mort. Instantanée. Rien ne pouvait laisser présager un tel drame ; une si belle journée !… " Mais qui était visé ? La quatrième page de couverture le dit : " Nina est une belle jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. Dans son quartier de la Belle de Mai, à Marseille, elle partage sa vie entre Ma Moune, sa meilleure amie, et Chouchou, celui qui pourrait peut-être devenir son grand amour. Chouchou est abattu sous ses yeux et dés lors une course-poursuite s’engage jusqu’à Lyon, au cours de laquelle Nina, de victime, devient chasseur. Pour découvrir coûte que coûte la vérité, elle va naviguer en eaux troubles, baignant entre pègre, DST et Stups. "

Vous comprenez pourquoi j’ai écrit " Chouchou n’était pas un Tchioutchiou " en utilisant un temps de trépassé. Mais qui était ce Chouchou qu’elle croyait connaître ? Après sa mort brutale, notre Nina va donc se frotter à de gros voyous et là, ce n’est plus de la galéjade (même si elle n’est jamais loin ). Toute la petite tribu sera mobilisée et même renforcée... Nous n’en dirons pas plus… D’autres personnages entrent en scène… Bien sûr qu’il y a aussi des policiers mais, parfois, on se demande qui est qui ? … Alors, pour savoir, il faut aller jusqu’au bout de l’histoire et même monter jusqu’à Lyon où il y a des bouchons mais les gens qui s’intéressent à Nina n’y ont pas forcément le bouchon à la rigolade.

Je pense que vous avez compris que, avec Nina la Belle de Mai, vous pouvez passer un bon moment de détente, en sachant que la détente est aussi l’endroit d’une arme sur lequel on appuie pour tuer. Et puis si certains s’interrogent encore sur ce qu’est le polar marseillais et bien le polar de Michel Jacquet en est un. La preuve en est que Nina ira même faire un tour à Lyon, histoire de montrer qui elle est et de quel bois elle se chauffe… du bois d’olivier ?
Et bien sûr ! Mon vier ! Monsieur Olivier !…


Alors là, j’ouvre une parenthèse finale et pas très finaude [Vous vous demandez pourquoi je ponctue toujours " Olivier " avec une phrase dans ce style un peu graveleux voisin de " poil au nez ! " Sauf qu’il ne s’agit pas du nez ! C’est parce que cette phrase de l’anthologie marseillaise est à l’origine d’une pièce de Théâtre jouée et co-écrite par Sanz (le scénariste des BD Nico et Sanz ), Michel Jacquet, Serge Scotto (avec son chien Saucisse ) Tonton du groupe  Quartiers Nord , André de Rocca écrivain et journaliste spécialiste de l’O.M et enfin Médéric Gasquet, le linguiste de l'équipe. Fermons la parenthèse ouverte ci-dessus en attendant les trois coups, poil au cou ! … ] 

 

 

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