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Au bout du canon :

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Eric Maneval
Eric Maneval a 43 ans et habite à Marseille depuis 7 ans. Mais contrairement à ce que je fais d’habitude je vais d’abord parler de son livre. J’ai adoré.
"Retour à la nuit" est sa troisième œuvre. Mais je ne compte plus les histoires courtes qu’il publie régulièrement sut le net. C'est un roman à suspense avec un personnage de tueur en série et un homme qui travaille dans un foyer d'enfants de l'aide sociale, foyer situé dans la foret Limousine. Le livre est court. Le texte est simple. Il a essayé de se tenir aux éléments de l'histoire, et d'éviter à toute digression et références culturelles. Eric avait dans l'idée de faire un texte qui happe immédiatement le lecteur, (et c’est parfaitement réussi), qui puisse être lu et compris par tout le monde sans qu'il y ait de possibilité d'interprétation (d'ou la brièveté et l'absence de références) et surtout que le lecteur ne le lâche pas et le lise d'une traite (c’est ce que j’ai fait). Il voulait également éviter de faire un roman avec un tueur grotesque, des spéculations dans l'horreur et le sanglant, Il voulait faire simple avec des éléments simples : la nuit, un tueur, des enfants, des cauchemars, la foret. Bravo !
Il a voulu aussi parler de son travail actuel, celui de veilleur de nuit dans un foyer de l'aide sociale à l'enfance, essayé d'amener cette histoire sur un terrain très réel, essayé d'être crédible. Et croyez-moi, j’ai travaillé moi aussi de nuit pendant toute ma carrière et j’ai eu à côtoyer ces enfants. Le livre est criant de vérité. Le portrait de ces gosses en perdition est parfaitement tracé, avec simplicité mais avec une efficacité redoutable. L’homme sait de qui il parle et il en parle bien, très bien même.
Je n’ai pas été surpris de ce livre, je connais Eric depuis quelques années déjà et je m’attendais à ce genre d’opus venant de lui. L’homme est la bible du roman noir à Marseille. Juste un petit truc Eric, pour quand le prochain ?
Et pour toi, qui n’est pas de cette ville, Marseille ?
"Marseille est une ville qui correspond bien à mon caractère. Je suis plutôt bordélique et j'aime bien raconter n'importe quoi, inventer des histoires. C'est une ville où, je crois, il est plus facile qu'ailleurs de sortir de la solitude, il suffit de se promener, d'aller dans un bistrot, les gens sont très faciles d'accès, plutôt tolérants et on peut rencontrer des gens du monde entier. Je compte y rester (si les loyers me le permettent).
Le seul inconvénient, et il est de taille, c'est l'absence de pistes cyclables. L'usage du vélo serait quand même la réponse idéale aux deux gros fléaux de la ville : la pollution automobile et le gros cul des gens d'ici (dont je suis)"
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Michel Passe, Jean-Philippe Chabrillangeas

Michel PASSE, quarantaine rugissante, est responsable d’une unité d’hémodialyse à Marseille ; son pote et co-auteur Jean-Philippe CHABRILLANGEAS, quarantaine hurlante, exerce en tant qu’infirmier libéral à La Valentine. Les deux compères, nouveaux arrivants sur la planète Marseille polar, sont amis depuis la nuit des temps, peut-être même un peu plus. Après avoir écrit de nombreuses chansons pour des groupes locaux et pour Jean-Philippe avoir édité deux recueils de poèmes, ils décident d’associer leurs talents et se lance dans l’écriture de leur premier roman. Outre la littérature, ils vouent une véritable passion à la mer et la voile et sont adeptes forcenés du culte de l’amitié et de l’épicurisme en combattant farouchement toute forme de stoïcisme.
Leur ouvrage : « La peinture à l’huile…d’Olive », paru 1er trimestre 2009 aux éditions ad-hoc, (12 euros), est le premier d’une série qui promet d’être longue tant l’écriture à « quatre mains » leur est finalement apparue comme une évidence. Il y a des évidentes heureuses. Ce roman pourrait être assimilé au polar Marseillais (mais oui) même s’il n’en a pas toutes les caractéristiques. (Heu pas si sûr en fait). Dans ce bouquin, pas de flic charismatique (ça change) mais une bande de collègues qui, au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, va se retrouver dans un tourbillon d’embrouilles qui les entraînera Dieu seul sait où. Marseille est le principal théâtre de l’histoire, un hypothétique tableau de Maître en est le nœud gordien et le parler Marseillais sur fond d’amitié indéfectible en signe l’atmosphère. En clair et pour faire simple un bouquin qu’il faut absolument se procurer pour un moment de détente, sous la tonnelle, un bon rosé de Provence à la main. C’est de la fraicheur pure.
Les personnages si vrais et attachants du livre reprennent du service pour de tumultueuses « vacances » au Cap Corse dans : « Corsica-Cahuètes » à paraître fin Janvier 2010, même éditeur, même prix.
Pour vous, les bons côtés de Marseille c’est :
« Au-delà des clichés sur la méditerranée, le soleil, les boules et le pastis, Marseille est une espèce d’entité polymorphe qui phagocyte tout être vivant ; elle t’adopte chaleureusement et te garde entre ses seins ou te rejette sans le moindre regard comme une vulgaire quantité négligeable. C’est une ville qui vit, respire, transpire et pue. Elle est douée d’un charme indéniable voire sans égal mais comme une traînée sur le retour, elle se laisse aller et ne met que trop rarement ses atouts en valeur.
Marseille n’en en rien responsable de sa situation géographique privilégiée, son bord de mer ou sa météo clémente, elle est faite de ses quartiers, ses habitants de leur gouaille et leurs façons d’être : de la personnalité la plus influente à la roulade la plus caricaturale.
Marseille est un choc, un choc culturel autant qu’un choc de culture ».
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Thierry Vieille

Thierry Vieille, né en 1960 à Marseille, licencié en histoire (1982), diplômé d’État en service social (1985) et diplômé de 3ème cycle en droit, économie et gestion des collectivités locales (1999), il a exercé les professions de travailleur social, de juriste et d‘enseignant (1985-2001), avant de se lancer dans l’édition (2001-2006), comme directeur littéraire, directeur de collection ou éditeur auprès de trois maisons d’éditions .
Il se consacre désormais à l’écriture. L’auteur a commis ses premiers écrits dès l’âge de 15 ans et ce, jusqu’à sa vingtième année (poèmes, chansons, courts romans, nouvelles). Il ne reprendra la plume qu’à l’âge de 32 ans et ne cessera alors d’écrire, l’an 2000 marquant un tournant dans sa vie puisqu’il sera publié (douze livres entre 2000 et 2005). Auteur d’une vingtaine de publications (romans, d’essais, de manuels et de documents), il élabore également des scénarios. Auteur éclectique, à l’écriture fluide, il a été remarqué par la critique à de nombreuses reprises et participe à de nombreuses manifestations littéraires ainsi qu’à diverses rencontres du cinéma et de l’écriture (Forum du cinéma et de l’écriture de Monaco, Festival de Cannes, Festival des Scénaristes etc.). Ses dernières publications sont : « Marseille bouquin d’enfer », « Alliance de tous les dangers », « Chronique d’une apocalypse annoncée », « Les dessous de Marseille », « Passion fatale », « Un billet pour l’adolescence », « Auteurs en miroir », « A la recherche de la race bleue », « Pour en finir avec la précarité ».
Pour toi les bons côtés de Marseille c’est :
« Marseille, porte de l’Orient ? Tellement vrai que cette ville est orientale : sale, bigarrée, désorganisée, égoïste, renfermée sur elle-même. Capitale de la culture, cela doit faire hurler de rire le monde entier. Désolé, mais je n’ai jamais aimé Marseille. A moins qu’un jour elle veuille bien se réveiller de sa torpeur et de sa tristesse. Alors là, je serais prêt à me réveiller avec elle. »
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Jean Claude Roméra

Il est l’ami indispensable, le copain de toujours. Il est surtout celui à qui l’on fait appel quand, après avoir terminé un livre ou une nouvelle, l’on se retrouve devant un énorme problème : mais quel en sera le titre ? Je n’ai pas hésité une seconde à puisé dans son cerveau bourré d’humour. Merci jean Claude !
Après avoir précédemment exercé la fonction de chef d’agence dans le génie climatique, à présent il se consacre à l’écriture. Jean-Claude Roméra, parce que c’est lui dont il s’agit, est un auteur éclectique Il a traité des thèmes aussi dissemblables que, l’humour, l’histoire, la psychologie. Il a publié trois ouvrages et travaille actuellement à l’écriture d’un quatrième opuscule.
Affecté depuis toujours par le virus de la drôlerie, Jean-Claude Roméra manifestement affectionne les mots. Dans un univers de locutions satiriques, il trouve un refuge, se constitue une carapace.
Son particularisme consiste à prendre appui sur les bases d’un mot au demeurant sans contexte et d’élaborer un entour constituant une substance gouailleuse. Sa verve pour intarissable qu’elle soit est bienfaisante.
Toutefois le bougre a d’autres cordes à son arc. Amoureux de la Provence et de son patrimoine, exalté par ses paysages changeants et ses pierres hystérésis, admirateur béat des richesses qu’elle recèle, il n’a de cesse de la parcourir.
Le dévoilement de ses pérégrinations a donné lieu à un ouvrage intitulé
« Lavoirs Onde (s) de Femmes » (éditions les Presses du Midi). L’auteur a concrétisé un ouvrage de référence sur le lavage du linge depuis l’origine des temps ; ainsi que l’historique enrichi d’anecdotes, de 106 communes provençales.
Lieu d’efforts soutenus et harassants, le lavoir était l’endroit où les femmes échangeaient leurs joies, leurs peines. C’est là où elles partageaient des moments d’intimité, ne négligeant pas toutefois de s’observer et de se jauger.
Premier élément de confort et d’agrément destiné à faciliter la tâche des femmes, le lavoir permit d’endiguer les épidémies, d’accroître l’hygiène et de développer la sociabilité dans nos contrées.
Le livre de Jean Claude rassemble un confondant examen de communes d’une beauté dissociable qui, toutes avec séduction, constituent le paysage unique et unifié de la Provence que nous aimons.
D’une écriture pudique, l’auteur laisse découvrir qu’il s’agit également d’un hommage dédié à la femme d’hier et d’aujourd’hui. Le texte de la quatrième de couverture en atteste :
« Femmes aux ressources insoupçonnables et inépuisables, par nature existentielles, ce livre rend hommage à votre incomparable courage »
Univers féminin, chargé d’onde (s) ondulatoire (s), à ce jour le lavoir fait partie intégrante d’un patrimoine où la réminiscence est fortement émotionnante.
Pour toi, quel sont les bons cotés de Marseille ?
« Actuellement Marseille vit une époque riche en modifications et autres chamboulements. Marseille se fait plus belle, Marseille s’épanouit, nous enorgueillit, nous éblouit. Marseille depuis le Nord on t’envie.
Terne au demeurant son image se transforme en une photo brillante, lumineuse, colorée. Nous sommes vernis Marseille brille.
Cette gracieuse dame aux yeux bleu azur est habillé d’une robe rouge tuile ornementée d’une dentelle d’écume, un boléro de calanques doucereusement revêt ses épaules, un quai ceint sa taille. Le mistral désordonne sa chevelure, sa peau est salée, son teint a la fraîcheur des algues, son parfum exhale une fragrance iodée.
Ses bijoux associent le corail et la nacre, sa beauté nous enivre, nous baignent dans la dérive.e. Fille de la mer, mSon « Monde », Marseille le veille, l’éveille. Marseille m’émerveille, Marseille est merveille. Marseille s’éveille ».
Je le soupçonne fortement d’aimer sa ville, l'Ami Jean Claude.
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Eric Hossan

Je connais Eric Hossan depuis plus de quinze ans. A l’époque, encore étudiant, il travaillait l’été avec son père qui tenait une brasserie à La Couronne. En ce temps là, je n’aurais jamais imaginé lire une de ses œuvres. Ce jeune auteur de romans, né à Marseille en 1970, a poursuivi des études supérieures en communication. Publicitaire puis chargé de communication, il s’est lancé avec succès dans l’écriture en se spécialisant dans le thriller. Mais cet acharné du travail à d’autres cordes à son arc et pas les moindres.
Il est également l’auteur de scénarii. Il a collaboré avec Dominique Lancelot et Alexis Lecaye chez Auteurs Associés. Il participe régulièrement à des manifestations littéraires ainsi qu’à des rencontres cinéma & écriture, tels que le Forum du Cinéma et de l’Écriture de Monaco, le Festival de Cannes, le Festival des Scénaristes, etc.
Egalement musicien, Eric Hossan décide en 2006 de se tourner vers la comédie avec son roman parodique « Deux Flics Ami Ami ». En cours d'adaptation au café théâtre, ce roman original inclut un disque, la bande originale du livre « la BOL » composé avec son complice Christian Cafiero du Two Jazz Project. Mélange de soul seventies, funk, électro jazz, pop. Un véritable hommage aux musiques de la blackploitation des années 70. Un vrai bonheur pour les amateurs du genre.
En novembre 2OO8, le dernier opus de sa trilogie policière avec le personnage récurrent le profileur Federico Boneblood est enfin de retour. Ce tome 3 s'intitule la Confrérie de la Mort et l'action se déroule à New York.
L’histoire : Epaulé par un agent du FBI, notre profileur va devoir affronté la folie meurtrière d'un tueur en série et contrecarrer la conspiration d'un ordre obscur : La Confrérie de la Mort.
Federico Boneblood, jeune retraité de la police criminelle, reste un profileur à la renommée internationale. Il est devenu même un conférencier prisé sur les rives de l’Hudson. Son parcours atypique dans la police française fascine les New Yorkais. Il multiplie les conférences et les séances de dédicace. Son livre est un succès en librairie. Il s’efforce de se reconstruire après l’affaire de Beast Seller. Une nouvelle vie a donc commencé pour notre ancien détective jusqu’à ce qu’un agent spécial du FBI, Katherine Walker, lui demande de l’accompagner sur un triple meurtre dans Central Parc.
Or le sort va s’acharner sur Federico Boneblood. Cette enquêtrice lui rappelle étrangement la parapsychologue Barbara Clair, son ancienne partenaire. À la fois bouleversé par sa ressemblance et attiré par sa beauté, l’ancien profileur va se laisser entraîner dans une course contre la mort à la poursuite d’un tueur en série qui a décidé de décimer un à un les membres d’une société secrète, la Confrérie de la Mort.
Le pouvoir américain est ainsi touché de plein fouet. D’autant que ces meurtres en série sèment le trouble dans un projet diabolique fomenté par cet ordre obscur et très puissant.
À l’orée de la prochaine élection présidentielle, ces meurtres barbares ainsi que d’étranges disparitions contrarient l’avènement du nouvel ordre mondial dont la finalité n’est autre que le chaos absolu.
La CIA décide alors de s’en mêler et traque à son tour l’ancien profileur et l’agent spécial du FBI afin que la vérité ne soit jamais révélée au grand jour.
Pour toi, les bons cotés de Marseille c’est :
« Je trouve qu’il existe une forte ressemblance entre Marseille et New York, pour moi ces deux villes se retrouvent étrangement. J’aime New York, comment ne pas aimer Marseille. Comme sa grande sœur, cette ville a une forte identité elle est propice à se laisser raconter, ouverte à toutes fictions ».
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Denis Blémont Cerli

Denis est marseillais d’origine Corse. Après une carrière bien remplie dans la police nationale et notamment dans la cité phocéenne, il se jette à corps perdu dans la littérature, et je dois le reconnaitre, avec un grand bonheur, pour lui et surtout pour nous, les lecteurs. L’auteur de Retour à Lama. 2006, Marseille Corse Aller Simple. 2007, Le roman de 1720. 2008, qui entre nous est un pur délice, ce romancier prolifique nous réserve encore quelques surprises de taille. En effet l’homme à encore dans ses cartons quelques bijoux comme, L'affaire des jumeaux de l'Ile Rousse, Deux cent ans de solitude, Sept vies... et une Courbure de l'esprit libre. Prions qu’après cette crise, qui frappe aussi de plein fouet la littérature, nous retrouvions dans les bacs mon ami Denis. Je finirais avec lui en vous invitons à lire ses chroniques souvent vitriolées sur le site de Corsicapolar.
Mais qui mieux que lui peut parler de sa passion :
« C’est grâce aux livres que j’ai pris conscience comment pouvait penser les êtres autour de moi. J’avais neuf ans quand j’ai découvert la vraie littérature. Jean Valjean me devint proche par un affect contagieux, quant aux personnages de Germinal, ils m’ont tout simplement apporté une sensibilité sociale que je n’ai jamais perdue. Ainsi par la lecture on apprend à penser en se mettant à la place d’un autre être humain, ce n’est pas une pratique mineure, tout simplement parce qu’elle nous dévoile le monde et aussi elle nous révèle qui nous sommes réellement.
Après avoir beaucoup lu, un jour je me suis mis à écrire avec humilité.
Quand j’écris toute mon énergie passe dans les mots que je plante un à un comme un jardinier obsédé par sa récolte. Les formes de mes pensées ne vont plus que vers eux, mon corps et ses sensations pareils, je suis l’exécutant de tyrans que j’ai créés, ils sont ma nouvelle conscience multiple.
Dès que je commence un nouveau roman, c’est ainsi, je me trouve prisonnier d’eux, ils m’envahissent, s’installent dans leurs mondes en volant le mien. C’est eux à présent qui dirigent, d’ailleurs ils connaissent leurs rôles à la perfection. Les mots qu’ils prononcent, leurs interrogations, leurs introspections où les ont-ils éprouvés ? Et pourquoi m’obligent-ils à les rapporter ? Serait-ce des songes qu’ils auraient volés aux vivants ? Peuvent-ils interroger les morts ? Souvenirs ? Flagrances de vies volées ?
Je n’avais pas prévu qu’ils m’expulseraient de chez moi, s’empareraient du peu que j’étais, misérable qui se targue de vouloir écrire… Ils s’amalgament et me troquent pour des signes sur une feuille. J’embrasse leurs existences, leurs angoisses, ils se sentent parfois si seuls, tout comme nous. Quelquefois personne ne les a aimés, on a oublié de fêter leur naissance et parfois on a oublié leur mort. J’ai vu les formes blanches quitter leur corps, j’aurais voulu ne pas y assister, mais comment faire autrement, c’est mon devoir de témoigner pour qu’ils puissent exister.
Après avoir collé le mot « FIN », on ne contrôle plus rien, les personnages se sont enfuis et prennent vie maintenant dans l’esprit des lecteurs. Ce sentiment est extrêmement curieux, penser que des personnes qui me sont totalement inconnues vont découvrir ma perception du monde me laisse rêveur !
La fiction a pris vie dans une autre pensée que la mienne, d’autres images vont naître, les personnages seront vus selon une autre interprétation.
J’avoue être frustré de ne pas savoir où va ce regard divergent.
Que voit le lecteur ?
L’auteur ne le saura jamais, tout au plus est-il parvenu à une plus grande clairvoyance des choses et des êtres qui l’entourent, à un meilleur discernement.
Écrire, c’est peut-être une curieuse façon de dialoguer avec soi, une espèce de regard intérieur. Une méditation productrice en somme…
Le bon côté de Marseille pour toi, c’est ?
Marseille c’est une femme italienne qu’on aime, une Napolitaine. Elle est brune, vive d’esprit, avec une taille de matrone, des hanches larges. Elle pourrait aussi s’appeler Gyptis. Dans ses yeux noirs on découvre une certaine impudicité mais aussi une infinie compréhension pour les pauvres hommes qui tentent, depuis la nuit des temps, de la séduire. Elle n’a pas reçu la brillante éducation de sa sœur parisienne mais aucun maître, aucune instruction, aucun livre ne lui a donné cette intelligence, qu’envieux, on admire. D’autres seraient mortes de chagrin à la disparition de Prôtis mais elle a survécu, la belle… Malgré de cruels revers, elle n’a de plaisir qu’à être libre et nous l’aimons tous, nous sommes ses fils…
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Luc ANTONONI

Au bout du canon de Michel Jacquet : Luc Antonini.
100 Marseillais ? Pourquoi 100 ? Pourquoi l’un plutôt que l’autre ? Ce n’est pas 100 Marseillais qui ont fait Marseille. Marseille c’est Gyptis et Prothis, son histoire, son ouverture sur la mer méditerranée. Marseille c’est l’Italie, l’Espagne, le Maghreb, la Grèce, la Corse, l’Arménie. Marseille c’est la terre d’asile, un art de vivre et de se laisser vivre. Marseille c’est tous ces petits villages comme Saint Barnabé, Saint Just, L’estaque, la Madrague, les Goudes, c’est aussi les quartiers nord ou la corniche. Marseille c’est la gouaille, l’indiscipline, ses couleurs, ses odeurs, sans oublier L’Olympique de Marseille. Marseille c’est les clichés que tous les touristes connaissent avec le pastis, la pétanque et la bouillabaisse. Marseille c’est une ville laborieuse, créative, mouvementé, une ville d’avenir qui, c’est son gros défaut, n’a pas su conserver les traces de son passé. Marseille c’est tout ce qui a fait Marseille et j’en ai oublié des moulons de choses dans cette liste restreinte. Alors juste une question : pourquoi 100 ?
- Oui, ce n’est pas 100 Marseillais qui ont fait Marseille mais tous ces habitants. Oui tous, quelque soit leur origine. J’ai voulu, dans cette ouvrage, mettre en avant 100 personnes qui sont des ambassadeurs de notre cité, mais pensez bien que ce ne sont pas les seules. Au début je voulais en mettre 50, mais là c’était trop peu, car notre vivier Marseillais est trop riche comme me le disait le pitchoun « nous sommes trop bon à Marseille » ! J’ai voulu simplement, à travers ces 100 personnes, présenter une idée des différents acteurs qui ont réussi dans des domaines aussi divers que le sport, la littérature, le cinéma, les affaires, l’humour.
LES 100 MARSEILLAIS, 35 euros
Vous l’avez compris, Luc Antonini aime Marseille et il explore le cousinage, ce généalogiste s’est ainsi pris de passion pour 100 Marseillais…nés à Marseille…qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Qu’on-t-ils fait ? Cet auteur s’est plongé dans la vie de ceux qui ont fait et font de cette ville ce qu’elle est aujourd’hui. Véritable pépinière de talents, littérature, art, médias, sport, cinéma, cuisine, entrepreneurs… plantes de génie épanouies dans une bonne terre ensoleillée que Pagnol décrit si bien avec sa palette de couleurs locales et dont la Bonne Mère semble entretenir le jardinier de la création. Marseille est riche en personnalités. Il vous propose de partager son regard sur : 100 MARSEILLAIS (tome 1) car Luc Antonini est déjà plongé dans le tome 2 pour une parution en 2009.
Allez Zou, juste pour le plaisir quelques noms comme ça, à la volée : Fernandel, Sardou, Nardi, Foucault, Laffont, Laffitte, Ascaride, Gasquet Cyrus, Titof, N’Guyen Van Lok, Morgan (Clara), Cantona, Zizou, Anigo, Vigouroux, Carrese, Cauvin, Di Falco et j’en finirais avec Gaudin. Il en manque un wagon alors il ne reste plus qu’une chose : lire le livre des 100 Marseillais.
Et Marseille pour toi, les bons côtés, c'est quoi ?
- Marseille, c'est la vie, le parler, l'image que j'adore, parfois exagérés, mais qui va si bien à Marseille. Marseille, c'est la mer, le soleil, la "bonne bouffe", un plateau de fruits de mer chez Bianco, dans la calanque de Sormiou... ça n'a pas de prix ça ! Marseille m'a toujours fasciné, il ne faudrait peut-être pas trop le dire, mais le milieu Marseillais d'après-guerre dont Caresse retrace très bien la vie m'a captivé très jeune. Un petit secret et c'est pour toi. J'avais un arrière-grand-oncle qui, avant la guerre, « y avait un peu touché ». Cet homme était sujet tabou dans la famille ! J'ai toujours étais très curieux, et bien sûr moins on veut m’en parler, plus je veux en savoir, un vrai enfant.
A Marseille, assister au conseiller municipal présidé par Gaudin c'est presque aussi « rigolo » que « Madame Olivier » Cette dernière me rappelle vraiment une de mes tantes qui avait plein d'expressions, je les retrouve dans cette pièce populaire, c’est un régal. C’est Marseille.
Mon grand souci, pour Marseille et pour les Marseillais, est que nous devenions le XXIe arrondissement de Paris. Je suis d’accord pour que nous soyons accueillant mais que l’on ne touche pas à notre mode de vie avec tous ses travers. Marseille c’est nous.
Marseille a le vent en poupe en ce moment, j’espère qu’après 2013, l’enthousiasme pour Marseille sera toujours le même, c’est à nous Marseillais d être vigilant, c’est à nous de préserver notre histoire, notre passé et notre avenir.
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Jean Paul Ceccaldi

Jean-Paul Ceccaldi a travaillé dans différents services de la Police judiciaire. ll a été en fonction à Paris et à Marseille où, après un long passage au SRPJ, il vient de terminer sa carrière à la police des polices. L’écriture lui a permis de prendre du recul et d’utiliser son expérience professionnelle dans des situations imaginées puisqu’il écrit des fictions policières. Il faisait partie d’une catégorie particulière de policiers : les flics corses. Cette différenciation, exprimée souvent par les collègues et les chefs de service "pinsutti" (non corses), il l’a faite sienne, car il ne renie rien de son métier et de la Corse. Il ne peut parler de l’un sans évoquer l’autre... Avec Jean-Pierre Orsi et Ugo Pandolfi, il participe à l’organisation d’un festival du polar corse et méditerranéen qui se tient à Ajaccio depuis 2007. Il collabore aussi au site Corsicapolar et s’occupe du blog Corse noire sur le Web. « Je me suis approprié ce raccourci identitaire de Flicorse, sans vouloir m’y enfermer. Les actions ne se déroulent pas en Corse. Le Flicorse n’est pas marié avec une Corse et son fils joue de la guitare sans répertoire de chansons corses. J’essaie d’écrire, avant tout, des romans en me servant de ce que j’aime : mon métier de flic et la Corse. Pour en revenir à mon personnage, il n’est pas un "monstre", comme Sherlock Holmes, Poirot ou Rouletabille, pour donner trois exemples populaires. Le Flicorse est marié et père. Il est capable d’aimer tendrement. Il laisse les parties de jambes en l'air à d'autres, dans le récit. Il n’a pas de tics et ne fait preuve d’aucune extravagance. Il n’est pas un cérébral à l’extrême ou un intégriste de la raison. Il est plutôt rassurant. De sa corsitude, il tient la façon philosophique (ou humoristique) de prendre les choses. Le Corse vit entre l’humour et le drame, l’acceptation et la révolte. C’est cela qui doit transparaître dans mon personnage récurrent. Le flic est pragmatique et lucide. Le Corse revendique son droit aux chimères et à la révolte. Finalement, tout cela n’est pas forcément inconciliable. Par ailleurs le Flicorse n’est pas un super flic ni un " dur à cuire ". Etre Flic et être Corse est une double identité, et, par voie de conséquence, il peut faire l’objet d’une double caricature. J’ai voulu échapper à cette double caricature sans, pour autant, que ma double identité s’exprime à rebours. Au contraire, j’ai voulu que le Flicorse soit proche des lecteurs plutôt que d’en faire un archétype. Mon dernier opus « Complices obscurs » est le troisième volet des enquêtes du Flicorse. Après « Plume de Maât » et « Tamo ! Samo ! », Le Flicorse prend des vacances pour une enquête officieuse à Marseille. Cela me permet un hommage au poète Louis Brauquier et à une poésie noire méconnue. En dehors du Flicorse, le personnage principal est une barbouze corse repenti. Ce n’est pas un choix de personnage neutre, lorsque l’on connaît le rôle " obscur " joué par certains de mes compatriotes en Afrique. C’est aussi l’occasion d’évoquer les génocides, arménien et ruandais, tout en mettant en évidence la vanité du Flic qui élucide des petits mystères de faits divers, alors que des victimes de génocides n’ont aucun moyen légal de faire condamner des coupables en dehors d’une Cour européenne qui n’a pas de grands moyens d’investigations et de répression. Dans l’enquête, j’aborde une question que peut se poser, un jour ou l’autre, tout policier : doit-il toujours rester dans la légalité ou suivre sa conscience ? Le Flicorse sort de la légalité républicaine pour démontrer qu’un présumé coupable que tout accuse est peut-être innocent. Enquête difficile car le mis en cause est un petit cousin corse. Si la légalité doit garantir les libertés, tout en assurant la sécurité des individus et des biens, elle devient un problème de conscience lorsqu’il s’agit d’aller au-delà des apparences officielles. Dans les affaires criminelles, il y a souvent des complicités obscures qui échappent à la justice. C’est valable pour des affaires d’assassinats comme pour les génocides. C’est cette part d’ombre qui est très frustrante pour l’enquêteur. Il s’en remet à l’existence d’une justice immanente pour garder la foi. Autant de thèmes abordés dans un jeu d’ombres entre victimes et tueurs. Mercenariat, intégrisme et terrorisme s’y croisent…Bien sûr la Corse n’est pas loin.
Et pour toi, les bons cotés de Marseille c’est ?
Je ne parlerai pas de la beauté de la ville et de ses alentours. Il suffit de se reporter aux guides touristiques et aux images diffusées par LCM ou parfois dans le feuilleton Plus belle la vie. Il y a surtout tout le passé humain de la cité phocéenne, fait d’accueils et de brassages. Marseille est un port, une ville cosmopolite avec une spécificité : on devient marseillais sans renoncer à son identité d'origine. Dans ces conditions, venir vivre à Marseille est un enrichissement. Lorsque je dis un enrichissement, je parle bien entendu de culture. En vivant à Marseille, on garde sa culture, on la partage avec les autres et on reçoit les autres cultures... C’est une ville d’échanges et de mixité. On peut être corse et marseillais, arménien et marseillais, arabe et marseillais, comorien et marseillais etc… La liste est longue. Marseille rassemble en pratiquant l’art de vivre ensemble. C’est cela qu’il ne faudrait pas mettre en péril. Bien que né en Corse, j’ai un lien affectif avec Marseille où j’ai passé la plus grande partie de mon enfance et toute mon adolescence. J’y réside toujours, même si je vais le plus souvent possible en Corse. Sans doute ce lien affectif ne rend pas mon regard tout à fait objectif. Et puis je n’ai pas envie de parler de ce qui va mal à Marseille. Moi, je m’y sens chez moi. J’y ai des amis et je m’en fais toujours de nouveaux. Les auteurs marseillais de polars ont été les premiers invités au festival d’Ajaccio. Nul n’ignore les liens qui unissent Marseille et la Corse. J’ai lu les réponses précédentes à cette question des bons côtés de Marseille. Bien sûr je connais les trois interviewés. Dans le fond, nous avons la même vision de notre ville même si nous l’exprimons chacun à notre manière.
Mon dernier polar se passe à Marseille et j’en livre un extrait en réponse à la question posée : « … Alors qu’il s’agrippait à la selle de l’engin à deux roues piloté par l’adolescent un peu fou et que, à chaque virage, son sac de marin lourd d’armes le déséquilibrait, Jacques aurait dû stresser un max... Pourtant il retrouva son calme. Peut-être était-il à court d’adrénaline. A moins que ce ne fût la vue de cette côte marseillaise qui pousse à la nonchalance. In shâ’a’Llah ! Ici, la violence, même si elle existait, n’était pas comme ailleurs. On ne vivait pas avec le sentiment d’insécurité. Même si la presse relatait des règlements de compte et si les statistiques de la délinquance effrayaient la France profonde, pour les Marseillais, leur ville était un exemple de douceur de vivre et c’était contagieux. Sous le soleil du Midi, le vrai, l’astre authentique, celui qui fait chanter les couleurs et l’accent, Jacques faisait confiance à notre Dame de la Garde qui lui envoyait des signaux dorés, pendant que le mistral freinait et poussait leur frêle esquif vers le port de l’Estaque… »
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Nico et Sanz
 
Inutile de présenter Lucy, l'ancêtre "actuelle" de l'humanité. Mais rendons grâce à Sanz et Nico de nous avoir fait connaître son petit copain, Lucyen, héros de la bande dessinée La Horde (5 albums déjà). Les Marseillais apprécient cette série de comics trip (une bande de 3 cases) puisqu'elle est née dans Marseille Plus le quotidien gratuit de La Provence. Tous les jours et pendant plus de quatre ans, nous avons eu droit à un gag de l'ineffable Lucyen. Lucyen, personnage singulier (au niveau du neurone) ne parle que de bouffe et de chasse, a horreur des légumes et développe une peur panique des courgettes (?!), est macho comme pas deux, a le coup de massue très, très facile et… malgré tout ça… extrêmement sympathique ! C'est un peu comme cet infernal copain d'enfance qu'on aime… malgré tout, ou ce beauf' lourdingue mais pas méchant qui, finalement, nous a toujours fait rire. Autour de Lucyen, la horde donc : Lucy, amoureuse, dont on se demande qu'est-ce qu'elle peut bien lui trouver ; Alleg l'instit, qui voudrait dégraisser le mammouth (!) ; Le commerçant responsable de la disparition des mammouths, c'est Karfur (hé ! hé !) Zarcé le sculpteur (le Marseillais de la Horde ?) Tro Magnon le petit neveu, dont Sanz dit "c'est un enfant de l'âge de pierre, ils vont donc dans la même classe". La Horde c'est une alliance réussit avec un scénariste fou (absurde, jeux de mots à la pelle…) et un jeune dessinateur Nico (il n'avait pas 20 ans au début de l'aventure) au talent tout bonnement renversant ! Il faut le voir vous dédicacer un album pour être écœuré à vie de l'injustice de la nature : ce gamin dessine en 5 minutes, devant votre copine en pamoison, une œuvre que vous mettriez 15 jours à réaliser, en ne faisant que ça ! Dans ce cas là, je regrette de ne pas avoir une matraque sous la main. Il m’énerve… Ca parait si facile… La grande réussite de la Horde, en plus bien sûr de déclencher l'hilarité (quand on a saisit la tournure d'esprit), c'est de nous montrer que l'humanité n'a finalement pas tant évolué que ça au niveau du caractère. Là est le propos des auteurs : parler avec finesse de la rustrerie des hommes d'aujourd'hui. Retrouvez les sur http://www.lucyen.com
Pour toi Michel, toujours la même question, c’est quoi les bons cotés de Marseille ?
Le bon côté de Marseille c'est son identité culturelle, son âme, son esprit, son humour. Ce n'est pas : le meilleur, le beau, le plus grand, le plus fort… Non ! C'est juste que cette ville a un "goût", un goût fort, qu'on aime ou qu'on déteste comme son accent. Moi, je l'aime ! J'aime sa capacité a accueillir les peuples et a les intégrer au sens le plus beau du terme. Souvent, bien sûr, des immigrés, des gens qui fuient la guerre, la misère ou les deux. C'est bien le cas de mes parents pieds-noirs. Et au final Marseille est une ville riche… de ses pauvres.
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Matthieu CROIZET

Cet avocat talentueux allait commettre une erreur : venir jouer sur un terrain dangereux, le polar. Bien lui en prit à ce bougre. Il démontre, à travers ce roman haletant, tonique, bourré d'humour qu’il connait la musique et sait faire valser les mots qu’il aligne avec un rythme soutenu, sans aucune fausse note. Une symphonie noire parfaite. Corse d’origine, ce marseillais a vécut six ans à New York et, à travers Polka, c’est un peu cette ville qui s’invite dans votre salon. « Polka, arrête tes conneries, tu sais que tu es sur la corde raide, un pas de travers et tu tombes ». L'inspecteur Paul Casanova, alias Polka est un flic new-yorkais d'origine corse, une tête de mule du genre incassable qui prend des coups mais qui encaisse toujours, se relevant à chaque fois...Un héros grande gueule et gros bras, qui ne rate ni une baston ni une fusillade. Et surtout qui pratique New York comme si c’était un grand village. Flanqué d'un dragonne de la police des polices, d'un nouvel équipier qui a viré Born Again Christian et chaperonné par un commissaire au langage plus cru que deux charretiers en congrès, c'est à lui de dénouer les pièces d'une enquête hyper-mouvementée : Un serial-killer, un trafiquant de drogue slave qui veut faire main basse sur la ville, un ex-ami devenu parrain de ce qui reste de la mafia locale, le milieu de la pornographie, des skinheads néo-nazis, Polka n'est pas au bout de ses peines. Heureusement il a au fond du cœur la sagesse de son grand-père berger, et surtout pour le protéger un ami des plus percutants. Un livre, à n’en pas douter, Rock'n roll!
POLKA, l’Ecailler, 17,50 Euros
Et maintenant question rituelle, Le bon coté de Marseille pour toi, c’est ?
« J’aime la beauté «bordélique » de Marseille, une ville multiculturelle qui ne se dévoile pas, je dirais même plus qui se cache et qu’il faut apprendre à découvrir et surtout pas à apprivoiser. On peut reprocher à notre ville d’avoir perdu un peu de son identité ces dernières années, mais je trouve que dans l’ensemble on y vit plutôt bien. Comme un vrai marseillais, je ne peux toutefois m’empêcher de formuler une petite critique : il faudrait juste que les gens fassent un effort en ce qui concerne la propreté de nos rues. »
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Serge Scotto

Fin d’année chargée pour Serge Scotto, romancier prolifique et très éclectique, qui a sorti simultanément deux polars en octobre dernier. Polar n’est d’ailleurs pas le mot qui convienne le mieux à cette noire littérature… dans laquelle on ne croise la police que très accessoirement ! Enfin, un peu de repos bien mérité pour les gentils représentants de l’ordre! La part belle y est plutôt faite aux voyous, à commencer par le premier Opus « GAGNANT A VIE » qui dresse le portrait d’un étrange écrivain, sympathique mais totalement amoral, qui pour compenser la maigreur de ses droits d’auteur accepte un petit boulot de… tueur à gages ! Jusqu’au jour où décrochant de façon éhontée le Prix Goncourt il voit sa gueule se multiplier dans les médias, ce qui ne va pas faciliter l’exécution discrète de ses contrats… D’autant plus que sa prochaine victime se trouve devoir être son meilleur ami, le romancier Del Pappas. Notez que si Herbert Turaive, l’antihéros de cette enquête truculente, n’est pas - il faut le souhaiter en tout cas - le double de fiction de mon ami Serge Scotto…, Del Pappas, lui, existe bel et bien ! Entre Tunis et Marseille, vrai et faux, humour et noirceur, on retrouve le style élégant et satirique qui est la marque de Serge Scotto, qui se penche ici en marge de son récit sur les coulisses édifiantes de la littérature… avec férocité et réussite ! On retrouve Marseille sous la plume du même auteur dans « SAINT-PIERRE ET NUQUE LONGUE », dernière aventure en date de Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe. Un personnage libre, curieux, contemporain, qui fouille sans failles dans les désordres apparents du quotidien : on ne présente plus Le Poulpe, héros de plus de cent soixante romans, dont quelques précieux bijoux et autant de bouses, mais qui nous revient ici en grande forme. Serge Scotto, lui-même lecteur assidu de la série, a eu à cœur d’écrire un Poulpe qui satisfasse les véritables amateurs, fidèle à l’esprit initié par son créateur Jean-Bernard Pouy. Ici Gabriel retrouve un ancien amour d’été, Sabrina, qui l’entraine sur les traces sudistes de leurs amours anciennes, un quart de siècle plus tôt… Un cadavre flottant dans les eaux troubles du Vieux-Port et de la politique est l’occasion pour l’auteur de dresser le portrait croisé d’une génération, celle des quadras, et d’une ville en pleine évolution. Un roman trop court à mon goût, mais le verbe acerbe et le sens de la formule font tout le plaisir de lire cet épisode… Ce Poulpe là : tentaculaire !
Gagnant à Vie, L’Ecailler / 7,50 €
Saint Pierre et nuque longue : le Poulpe, Baleine / 6,50 €
Le bon côté de Marseille pour toi, c’est ?
« C’était, plutôt… Il me semble que la misère était moins pénible au soleil, comme chanterait Aznavour. Il y a peu, on pouvait encore y vivre, voire s’y laisser vivre, très agréablement avec trois francs six sous…, mais c’est fini, Marseille prend de la valeur et des cours de maintien… et on fait bien sentir au Marseillais de base qu’il y est presque devenu indésirable. »
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